Bilan OPERAT 2024-2025, -26 % d’énergie tertiaire et près de la moitié du parc non déclaré
Le bilan OPERAT 2024-2025, publié en mai 2026, confirme une baisse de 26 % de la consommation énergétique ajustée du climat, sur le périmètre déclaré, entre la référence 2010-2019 et 2024. Un chiffre encourageant. Mais il masque une réalité moins flatteuse : entre 40 % et 50 % des bâtiments assujettis n’ont toujours pas déclaré leurs consommations sur la plateforme.
Le Dispositif Éco Énergie Tertiaire (DEET) impose à tout bâtiment tertiaire de plus de 1 000 m² de réduire ses consommations d’énergie de 40 % d’ici 2030, 50 % d’ici 2040 et 60 % d’ici 2050, par rapport à une année de référence choisie entre 2010 et 2019. Ce bilan, établi par l’ADEME à partir des déclarations remontées sur OPERAT, dresse une photographie stabilisée de la trajectoire du parc tertiaire français : un secteur qui représente environ 1,2 milliard de m² et près de 15 % de la consommation nationale d’énergie finale, soit 225 TWh.
Ce que ce bilan révèle concrètement : une dynamique de réduction réelle sur le périmètre déclaré, 51 % des entités ayant déclaré leurs consommations 2024 ayant déjà atteint leur objectif 2030, mais aussi des fractures sectorielles marquées et un retard de déclaration qui expose des milliers de gestionnaires à un risque réglementaire documenté.
Cet article examine les principaux enseignements du bilan OPERAT 2024-2025 : la baisse de 26 % de la consommation énergétique, la progression des déclarations, les écarts entre secteurs, et ce que tout cela signifie concrètement pour un directeur immobilier ou un responsable patrimoine qui doit arbitrer entre conformité, coûts et rentabilité avant l’échéance du 30 septembre 2026.
Progression des déclarations et impact sur la conformité réglementaire
Au 31 janvier 2026, OPERAT comptabilise plus de 1,145 million de déclarations de consommation, dont 91 % validées, correspondant à environ 340 000 EFA déclarées, en nette progression par rapport au premier bilan 2022-2023. Le taux de remplissage global reste cependant estimé entre 50 % et 60 % du parc assujetti : entre 40 % et 50 % des bâtiments soumis au décret tertiaire n’ont toujours pas déclaré leurs consommations.
C’est un risque réglementaire concret. L’absence de déclaration ne dispense d’aucune obligation de réduction, et un bâtiment performant mais non déclaré n’est pas en règle. La dynamique est réelle, mais la mobilisation des acteurs encore absents reste le principal défi de conformité pour les années à venir.
Attention aussi à la lecture du taux de réussite. Les 51 % d’objectifs 2030 déjà atteints sont mesurés sur les seules entités qui ont déclaré leurs consommations 2024, c’est-à-dire les plus suivies. Ce n’est pas 51 % de tout le parc assujetti, mais 51 % des déclarants. À l’échelle du parc complet, dont près de la moitié reste hors radar, la part réellement sur la trajectoire 2030 est donc plus faible.
Fracture sectorielle et enjeux pour les gestionnaires d’actifs
Derrière la moyenne de 51 % des entités déclarantes ayant atteint l’un des deux objectifs 2030 se cachent des écarts sectoriels significatifs. Bureaux, commerces non alimentaires et établissements d’enseignement dépassent le seuil de 50 % de conformité anticipée. À l’inverse, tourisme, santé, laboratoires et restauration restent sous les 40 %, avec des actifs souvent énergivores et des travaux de rénovation qui prennent du temps.
Avec moins de quatre ans avant l’échéance 2030, la marge de manœuvre se réduit. Rappel décisif pour tout gestionnaire d’actifs : un bâtiment performant mais non déclaré sur OPERAT avant le 30 septembre n’est pas en règle. La conformité commence par la déclaration.
Impacts et recommandations pour les gestionnaires d’actifs
En résumé, le bilan OPERAT 2024-2025 confirme une trajectoire positive : 26 % de baisse de consommation énergétique sur le périmètre déclaré, et 51 % des entités déclarantes ayant déjà atteint l’un des objectifs 2030. Mais ces résultats ne concernent que la moitié du parc assujetti. Entre 40 % et 50 % des bâtiments tertiaires restent hors radar, et les secteurs tourisme, santé, restauration et laboratoires accusent un retard structurel préoccupant à moins de quatre ans de l’échéance.
En croisant les deux chiffres, la moitié du parc non déclarée et environ la moitié des déclarants déjà sur la cible, on aboutit à un ordre de grandeur sobre : à peine un quart du parc tertiaire assujetti est aujourd’hui démontré conforme à l’objectif 2030. La conformité réglementaire ne se résume pas à la performance : elle passe par la déclaration annuelle sur OPERAT avant le 30 septembre.
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