Bornes de recharge en parking tertiaire, le point 2026
Depuis le 1er janvier 2025, les obligations d’installation de bornes de recharge s’appliquent aux parkings tertiaires français. Pour les grandes entreprises, cette réglementation représente un enjeu budgétaire et calendaire concret, avec des règles qui varient selon le profil de chaque bâtiment.
La loi LOM et la loi APER structurent le déploiement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE) selon le type de bâtiment et sa date de construction. Les exigences diffèrent sensiblement entre bâtiments existants et neufs : deux trajectoires de conformité distinctes, deux niveaux d’investissement différents. Sur les bâtiments existants, l’obligation ne cible pas toutes les entreprises : elle vise, à ce stade, les parcs de stationnement de plus de 20 emplacements dépendant de bâtiments non résidentiels possédés et occupés par des entreprises de plus de 250 salariés dont le chiffre d’affaires dépasse 50 millions d’euros (les PME au sens européen sont exemptées). Pour les constructions neuves ou lourdement rénovées, avec un permis de construire déposé après le 11 mars 2021 et un parking d’au moins 10 places, les règles sont différentes : pré-équipement obligatoire d’au moins 20 % des emplacements et installation d’au moins un point de recharge accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR).
Cet article détaille les obligations applicables en 2026, les seuils de déclenchement, les coûts d’installation et les exemptions possibles, pour vous permettre de prioriser vos investissements en connaissance de cause.
Obligations de bornes selon le type de bâtiment et le calendrier
La loi LOM distingue deux régimes d’obligations selon la nature du bâtiment, avec des seuils et des calendriers distincts qu’il est essentiel de bien identifier avant toute décision.
Bâtiments existants (depuis le 1er janvier 2025). L’obligation s’applique aux parkings de plus de 20 places dépendant de bâtiments non résidentiels, mais uniquement lorsque l’entreprise propriétaire-occupante dépasse 250 salariés et 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les PME en dessous de ces seuils sont exemptées sur l’existant. Le calcul est simple : 1 point de recharge accessible PMR, puis 1 point supplémentaire par tranche de 20 emplacements, soit environ 5 % des places.
Bâtiments neufs ou lourdement rénovés (permis déposé après le 11 mars 2021, dès 10 places). L’obligation porte sur le pré-équipement d’au moins 20 % des places, et sur l’installation effective d’au moins 1 point de recharge accessible PMR. Au-delà de 200 places, 2 points de recharge sont requis, dont 1 PMR.
Coûts d’installation, exemptions et arbitrage budgétaire
Au-delà du calendrier réglementaire, la question centrale pour tout décideur est celle du coût réel et des marges de manœuvre disponibles.
Pour une borne standard (7,4 à 22 kW), le budget installation comprise se situe entre 1 000 et 3 000 € HT. La TVA à 20 % est intégralement récupérable pour les entreprises assujetties. Les bornes rapides DC 50 kW représentent un investissement d’un autre ordre : entre 25 000 et 40 000 €, génie civil et renforcement réseau inclus. En pratique, un parking de 50 places n’exige que 2 bornes obligatoires, soit 2 000 à 6 000 € HT hors renforcement électrique : l’enjeu financier reste maîtrisable pour la grande majorité des sites concernés.
Trois exemptions permettent de réduire ou d’annuler l’obligation. Exemption PME : les entreprises propriétaires-occupantes de moins de 250 salariés et dont le chiffre d’affaires est inférieur à 50 millions d’euros sont totalement exemptées sur l’existant. Exemption coût de rénovation : si les installations de recharge dépassent 7 % du coût total d’une rénovation importante, l’obligation est levée. Exemption réseau : pour les bâtiments existants, le nombre de bornes peut être réduit si les travaux en amont du tableau général basse tension s’avèrent plus coûteux que l’installation en aval. Dans tous les cas, l’exemption doit être documentée.
Évaluer votre exposition réglementaire et prioriser vos actions
Pour conclure, la loi LOM structure des obligations précises selon trois variables que tout décideur doit maîtriser : la nature du bâtiment (existant, neuf ou rénové), le profil de l’entreprise occupante (seuils de 250 salariés et 50 millions d’euros de chiffre d’affaires), et la configuration électrique du site. Les coûts vont de 2 000 à 6 000 € HT pour un parking de 50 places en bornes standard, mais peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros dès qu’un renforcement réseau s’impose. Trois exemptions légales permettent d’éviter l’obligation ou d’en réduire la portée, à condition de les documenter rigoureusement avant toute mise en demeure.
La priorité en 2026 n’est pas d’investir sans visibilité : c’est de savoir précisément si vous êtes concerné, et à quel coût réel. Évaluez dès maintenant votre exposition réglementaire : demandez une analyse énergétique de votre immeuble gratuite ou utilisez le formulaire de contact pour prioriser vos actions avant que les files d’attente ne s’allongent davantage.
